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Thème 2.1 Comprendre la vulnérabilité urbaine

La vulnérabilité, concept largement discuté, essaie de rendre compte de tout ce qui peut constituer la fragilité d’une société, d’un territoire, d’une population, des objets du monde social ou naturel. Vue de cette manière, l’exposition à l’aléa est une des formes de vulnérabilité des populations, des territoires et des éléments qui les font fonctionner. La capacité à faire face à des crises majeures comme une inondation ou un séisme fait également partie de ce qui caractérise la vulnérabilité d’un territoire.

Ces dernières années, de nombreuses catastrophes ont fait la démonstration que la prévention des risques et la préparation aux situations de crise sont insuffisantes, voire inopérantes, au Nord comme au Sud. Les difficultés engendrées par la gestion des crises posent la question de la capacité des sociétés ¬notamment des grandes métropoles -à faire face à des situations hors normes, qui présentent des ordres de grandeur dépassant les cadres connus de l’action et dont les conséquences en chaîne échappent à toute maîtrise. En mettant en évidence des enchaînements jusque-là impensables, ces catastrophes ont fait la démonstration que les mesures de protection passive ne suffisent plus. Il est donc nécessaire de penser les politiques de prévention et la gestion des crises en formulant une problématique de recherche sur la vulnérabilité urbaine qui dépasse le champ des sciences physiques et de l’ingénieur, pour englober des dimensions à la fois politiques, économiques, sociologiques et géographiques. Des recherches entreprises dans ce sens vont se poursuivre dans les grandes villes du Sud mais aussi au Nord. En parallèle, face aux « risques lents » et à l’inéluctabilité annoncée des catastrophes dans des contextes de changements climatiques et d’urbanisation littorale, les recherches sur les phénomènes physiques (aléas) et leurs représentations (population mais aussi ingénieurs, politiques) sont indispensables. Les pistes de recherche dégagées par les travaux antérieurs permettront d’améliorer la compréhension des mécanismes à la fois physiques, sociaux et spatiaux, qui participent à la construction de la vulnérabilité urbaine, en particulier :

  • Les dimensions spatiales et territoriales impliquées dans la gestion des situations de crise (gestion, préparation, reconstruction), la mise en relation des lieux ressources et des espaces vulnérables, le jeu des échelles de compétences des territoires que la gestion implique pour la formulation d’une géographie de la crise.
  • La vulnérabilité des réseaux urbains qui fragilise les grandes agglomérations (critical lifelines), en particulier les mécanismes de propagation du risque, due à leur interdépendance.
  • Les conséquences des processus de décentralisation, privatisation, mondialisation sur la prévention des risques, en particulier le rôle de l’État, des collectivités locales, des organisations sociales et du secteur privé dans la réponse aux grandes crises.
  • Les aléas morpho-climatiques dans les villes du Sud concernent souvent des quartiers populaires et révèlent leur extrême vulnérabilité. Véritable défi pour la gestion, la diminution de cette vulnérabilité repose sur une connaissance conjointe du fonctionnement/déclenchement des aléas et du fonctionnement/mobilisation des acteurs sociaux.
  • La problématique des risques anthropiques posés dans les sites pollués par l’activité industrielle, les litiges juridiques et tensions sociales, mais aussi l’identification des risques technologiques et l’analyse d’accidents technologiques.
  • La formulation des politiques publiques de prévention des risques face au changement climatique se construit sur une imbrication de connaissances scientifiques, de mobilisations politiques et de représentations sociales. Les espaces littoraux urbanisés sont tout particulièrement concernés.
  • Les mesures physiques fines du climat urbain et de la pollution de l’air, l’analyse de leurs variabilités spatiales sont une problématique innovante des sciences physiques. Celle-ci permet de détecter des risques invisibles dont l’explication mobilise des aspects à la fois physico-chimiques, de morphologie urbaine et d’organisation du territoire, et questionne la justice environnementale.
  • Les mécanismes de construction des maladies infectieuses émergentes comme mise à l’épreuve des sociétés demandent une meilleure compréhension des dimensions spatiales et sociales des risques sanitaires.