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Thème 2 - Risques, vulnérabilités et gestion des territoires

Prendre le risque comme objet de recherche est une manière de se confronter directement à la problématique de l’UMR, située à l’articulation du développement et de l’environnement. Toutes les inquiétudes environnementales portent sur l’existence de risques, sur leurs causes, leurs conséquences et sur la façon d’y faire face, les risques étant in fine produits par les modalités du développement ou par son absence. La mobilisation de la notion de risque est donc indispensable à la compréhension des multiples articulations entre développement et environnement.

Au cœur de la problématique environnementale, il y a les risques avérés ou virtuels et la vulnérabilité des territoires qu’ils expriment. Les questions environnementales ont donné un nouveau relief aux risques en impliquant le temps de différentes manières : risques d’aujourd’hui et surtout ceux qui pèsent sur les générations futures ; risques qui se matérialisent brutalement, qu’on identifie sous la forme d’évènements possibles, voire probables mais connus (inondation, épidémie, séismes, industriels…), mais aussi ceux qui se construisent sur le temps long (dégradation des milieux, de la biodiversité, pollution des sols, de l’eau, de l’air), impliquant une forte incertitude et qui se discutent dans l’espace public, dans la sphère politique et dans la littérature scientifique (le changement climatique, les ondes de téléphonie…).

Les risques sont des objets complexes construits conjointement par des phénomènes sociaux, des processus sociotechniques et des mécanismes physiques imbriqués, interagissant et rétroagissant entre eux. Ils se matérialisent concrètement sous la forme de catastrophes ou de dommages mais agissent aussi sur le monde social et matériel par la potentialité de leur survenue. Le projet scientifique du thème Risques, vulnérabilités et gestion des territoires est un défi et une nécessité : l’idée est d’essayer de dégager les articulations théoriques et pratiques entre développement et environnement, en s’appuyant sur les multiples recherches menées sur les risques.

L’objectif de cet axe de recherche est double : • d’une part, contribuer à une meilleure compréhension de la vulnérabilité portant sur des territoires concrets, en s’appuyant sur des recherches instruites sur le terrain, tant par l’arsenal des instruments des sciences physiques (capables de mesurer des crues, des pollutions, l’érosion du sol ou de la biodiversité) que par l’analyse interprétative des représentations, pratiques sociales, politiques publiques ou organisations territoriales ; • d’autre part, porter l’ambition d’une réflexion commune alimentée par ces multiples recherches, visant la mise à plat des concepts et des approches, des non-dits et hypothèses implicites et explicites et ainsi contribuer à la formalisation d’un ensemble théorique articulant les différentes connaissances accumulées sous l’intitulé commun Risques, vulnérabilités et gestion des territoires.

Les questions de développement et d’environnement qui agitent le monde ont besoin de la mobilisation de toutes les disciplines pour décrypter les risques et la vulnérabilité des territoires. L’enjeu est de redéfinir les objets de recherche et de dépasser le découpage disciplinaire qui, aujourd’hui, est un obstacle à la connaissance. Construit social impliquant des dimensions très matérielles, phénomène naturel traversé par des dimensions sociales, le risque est un objet hybride incorporant les lois de la physique et la contingence du social, les normes juridiques et les représentations du monde, les règles du marché et le fonctionnement écologique, les politiques publiques et les lois de la mécanique. Les risques, l’environnement et le développement appartiennent au même monde qu’il s’agit de décrypter.

Si les sciences de la terre font l’hypothèse qu’il existe un risque objectif et mesurable, celui-ci n’exclut pas une anthropisation de l’aléa qui peut provenir des représentations et pratiques sociales et des politiques publiques. Si les sciences sociales font l’hypothèse de la construction sociale du risque, celle-ci n’exclut en rien sa matérialité et les dimensions physiques à l’œuvre, géophysiques ou biologiques. La problématique des risques est ainsi traversée par la concurrence entre de multiples définitions et disciplines. Mais il existe une pluridisciplinarité de fait dans la mesure où les disciplines portant sur le milieu détectent dans leurs objets (processus naturels, aléas) la présence du social (anthropisation de l’aléa, politiques publiques…). Les sciences sociales quant à elles intègrent des objets et phénomènes physiques dans le fonctionnement du monde social (vulnérabilité produite par exposition et représentations de l’aléa, politiques publiques) et portent un autre regard sur l’aléa (par exemple à l’échelle d’objets du fonctionnement de la ville ou comme alibi de certaines pratiques de gestion des territoires).

Quels sont les enchaînements et imbrications entre phénomènes physiques et sociaux qui construisent les risques et la vulnérabilité des territoires ? Quelles connaissances élaborer pour être utiles à la gestion des territoires face aux risques ? Ce double questionnement renvoie à de multiples objets de recherche qui mobilisent des disciplines différentes, ensemble ou séparément, en particulier la géomorphologie, la biogéographie, la climatologie, l’hydrologie, la géographie, la sociologie, l’économie, le droit ou la science politique. Ce questionnement s’applique à l’analyse de milieux et territoires très différents : la montagne, la ville, le littoral, les espaces agricoles, les aires protégées. Ils se déclinent selon des problématiques propres aux différentes disciplines et programmes de recherche qui l’alimentent, depuis des interrogations sur la vulnérabilité des grandes métropoles jusqu’aux dynamiques physiques des milieux, devenus territoires dès lors qu’ils font l’objet de recherches scientifiques ou de politiques publiques. Le développement des recherches dans ce thème s’appuie sur des méthodes qui combinent les relevés de terrain, l’instrumentation et la construction de données physiques et sociales, la construction de base de données géoréférencées et d’observatoires, l’analyse statistique et spatiale, la modélisation, les enquêtes et entretiens d’acteurs, l’analyse de discours et de représentations.