Partenaires

Logo tutelle
Logo tutelle Logo tutelle
Logo tutelle



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Thèse Karim SELOUANE - juillet 2008

Mercredi 9 juillet 2008 à 14 h 30 à l’Ecole des Mines de Paris, amphi L109

Jury :

  • Bernard Beaudoin, Mines ParisTech Directeur de thèse
  • Philippe-Claude CHAMARD, CNRS UMR PRODIG Rapporteur
  • Marie-Françoise COUREL, EPHE - CNRS Directrice de thèse
  • Gérard Friès, Véolia-Propreté Rapporteur
  • Ahmed Hajji, Agence du Sud – Rabat Examinateur invité
  • Laurent Jolivet, UPMC Examinateur
  • Abdellatif Orbi, IRH - Casablanca Examinateur invité

Résumé

Le Sahara Atlantique a pour cadre géographique l’ex Sahara Espagnol et l’extrême Nord-Ouest de la Mauritanie. Notre zone d’étude s’étend ainsi sur une superficie de 300 000 km², compris entre le 20ème et le 30ème parallèle. Ses frontières sont à la fois naturelles ; le bas Oued Draâ (au Sud de la boutonnière d’Agadir) au Nord et l’Océan Atlantique à l’Ouest, et politiques ; l’Algérie au Nord-Est, la Mauritanie à l’Est et au Sud. Le Sahara Atlantique, où les altitudes supérieures à 400 m sont exceptionnelles, est le domaine des plaines et des plateaux. Ce vaste territoire est traversé par de nombreux accidents structuraux dont le plus important est celui d’Agadir-Timiris-Dakar parallèle à la fracture médio-atlantique, situé à la limite de deux bassins sédimentaires de bordure océanique : le bassin sénégalo-mauritanien et le bassin de Tarfaya-Laâyoune-Dakhla. L’étonnante monotonie (apparente…) de cet espace s’explique, en partie, par l’extension considérable de la dalle moghrébine calcaro-gréseuse (d’âge Villafranchien 2.5 ( ?) à 4 Ma) à lumachelles et à pectens à l’Ouest et du Socle granitique archéen à l’Est. Cette monotonie localement voilée par des champs de barkhane, est rompue, dans certaines régions, par des reliefs qui, quel que soit leur volume, induisent des contrastes saisissants. Cependant, le Sahara Atlantique tout comme l’ensemble de l’Afrique saharienne, a connu les effets des glaciations et des interglaciaires et vraisemblablement des événements (néo)tectoniques plus ou moins importants comme nous le laissent supposer les structures et les rejets observés. Après l’élaboration de l’encroûtement terminal durant le Pliocène moyen / supérieur, sont survenues des crises morphogéniques d’origine tectonique, climatique et marine qui détruisirent définitivement l’équilibre des reliefs néogènes. La plus importante des crises se place à la charnière entre le Miocène et le Quaternaire ancien (plio-quaternaire) et constitue un véritable tournant dans l’évolution morphologique du Sahara Atlantique. En effet, de notables modifications des facteurs de la morphogenèse marquent les débuts des temps Quaternaires où des retouches ont été apportées au paysage, et ce dans un contexte d’alternances humides et arides que nous connaissons, plus ou moins. Soumis aux conditions d’érosion en climat aride au moins depuis l’Ogolien (15 000- 10 000 BP) et post-Holocène (5000-3000 BP), les terrains anciens, du Précambrien au Cénozoïque, sont masqués par les débris de cette destruction. Il ne subsiste souvent que des dépôts détritiques quaternaires de cailloutis générés par l’action combinée de l’érosion fluviatile, éolienne, marine et des processus de la météorisation. Les modelés de glacis, de terrasses et les dépressions atteignent des dimensions supérieures vers l’Ouest.

Ainsi, depuis la fin de l’Holocène (3000 BP), date de l’aridification du Sahara, le vent a pris une place de plus en plus importante dans l’édification du paysage actuel, effaçant ou fossilisant progressivement la paléotopographie et certains dépôts superficiels. Pour le secteur margino-littoral, la morphologie du triptyque désert-falaise-er est intimement liée à l’évolution des dynamiques hydro-climatiques récentes et à la compétence lithologique des affleurements face aux vents très puissants et dans une moindre mesure aux ruissellements. Par conséquent les alizés, vents de secteur Nord, sont probablement depuis l’Ogolien l’agent fondamental de la morphogenèse du plateau littoral (dénommé « Aguerguer ») comme en témoignent les modelés aérodynamiques que constituent les barkhanes (fossiles), les « fleuves de sables » et les « Yardang ». Cependant, le géosystème littoral du Sahara Atlantique est actuellement en pleine mutation paysagère consécutive à son aménagement. A cela s’ajoutent les enjeux géopolitiques du « Sahara Occidental » qui conditionnent et fragilisent les politiques d’aménagement de la région au sein de cet espace hostile et la mise en valeur de son écosystème face aux risques d’ensablement, d’érosion et d’effondrement de terrain liés à la dynamique margino¬littorale.

Mots-clés : Sahara, Atlantique, morphogenèse quaternaire, Moghrébien (Villafranchien), post-désert côtier, Ogolien, (post)Holocène, érosion éolienne, ensablement, aridification, trait de côte, aménagement littoral, développement durable

Geomorphological study and current morpho-sedimentary dynamics in Atlantic Sahara facing the vulnerability of coastaline planning between Oued Draâ and Lagwira

The Atlantic Sahara is located between the ex-Spanish Sahara and the far North/West part of Mauritania. Our study area is 300 000 km2 big, and lies between the 20th and 30th parallel. Its boundaries are natural (the low Oued Draâ and the Atlantic Ocean on the West side) but also administrative (Algeria on the N-E side and Mauritania on the East and South). With very few points over 400 m over the sea level, the Atlantic Sahara is a plateau and plains area. This huge territory is crossed by several structural accidents whose most important one is the Agadir – Timiris - Dakar accident. This accident is parallel to the medio-atlantic fracture, located just at the boundaries of two sedimentary basins reaching the Ocean (the senegalo-mauritanian basin and the Tarfaya – Laâyoune - Dakhla basin). The surprising (and seeming) monotony of this area can be explained by the important moghrebine limestone-sandy (Villafranchian from 2,5 to 4 Ma) composed by lumachel and pectens shell extension on the West side and the granitic archean layer on the East side. This monotony partly hidden by the barkhane fields disappears in some parts with relieves which induce (whatever its volume) very strong contrasts. However, as the rest of the Saharan Africa, the Atlantic Sahara suffered from glaciations and interglacial effects as well as neotectonic events more or less important (as the present observed structures and rejects let us suppose). After the elaboration of the terminal encrusting during the middle/ upper Pliocene, it occurred some morphogenetic crisis (from tectonic, climatic and oceanic origin) which destroyed definitely the neogenic relives balance. The most important crisis took place between the Miocene and the old Quaternary. It has been a major turning point in the morphologic evolution of the Atlantic Sahara. Indeed some significant modifications of morphogenetic factors put in relief the beginning of the Quaternary era, while the landscape was modified by a wet/arid alternation that we know, more or less at this time. Because of erosion conditions in arid climate since – at least – Ogolian (15 000 – 10 000 BP) and post-Holocene (5 000 – 3 000 BP), old fields from Precambrian and Cenozoic are hidden by the debris of that destruction. Most of time there are only quaternary clastic deposits broken stone left, which are generated by the combined action of fluviatile, wind and marine erosion and the weathering processes. Glacis and terraces’ models such as depressions have larger dimensions in the West. Since the end of the Holocene era (3 000 BP) – Sahara’s aridification beginning – the wind took a more and more important role in the current landscape erection, gradually erasing or fossilizing the paleo-topography and some superficial deposits. On the margino-littoral area, the desert – cliff – sea triptych morphology is closely linked to the evolution of the recent hydro-climatic dynamics and to the lithologic competence of the outcrops that face very powerful winds, and of lesser importance, of run-off. As a result, the trade winds (from North) are probably the fundamental agent of morphogenesis of the littoral shells (named “Aguerguer”), and this since Ogolian era, as proved by the aerodynamic models that form the Barkhanes (fossils), the sand river and the “Yardangs”. Nonetheless, the Atlantic Sahara littoral geosystem is currently in a landscape mutation, following its development. Moreover the Atlantic Sahara geopolitical strakes that process and embrittle the regional development politics in this hostile area and the relief of its ecosystem facing the filling with sand, erosion and land implosion risks to the margino-littoral dynamics.

Keywords : Sahara, Atlantic, Quaternary morphogenisis, Moghrebien (Villafranchian), Coastal desert, Ogolien, (post)Holocene, windmill erosion, sandbank, aridification, coastline, coastaline planning, sustainable development