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Thème 3.3 Régulation environnementale et patrimonialisation des ressources

Il s’agit ici d’interpréter les mécanismes de régulation dans la gestion des ressources, en s’attachant à leur inscription spatiale et à leurs implications territoriales. Au début du XXIe siècle, les impasses économiques et écologiques de la mondialisation néolibérale légitiment un renouveau des régulations concernant les ressources. Il s’agit d’analyser la diffusion de grands modèles de régulation, utilisant leurs échecs et succès comme clé de lecture des trajectoires de développement, comme à Timor (Redon, 2011 [1] ). Cela implique de prendre en compte les rapports de pouvoir qui président à la définition de ce qui doit être régulé, des outils proposés, de leur utilisation et des effets de leur mise en œuvre sur les rapports de force entre acteurs, locaux ou non. Un premier ensemble renvoie aux dispositifs spatiaux de régulation portés par les États, tels que l’aménagement environnemental du territoire (zonage écologique), les politiques de labellisation géographique des productions agricoles, la délimitation des aires protégées. S’y inscrivent par exemple les travaux menés dans le cadre de l’ANR Casava, en accompagnement des dispositifs de gestion du risque volcanique aux Antilles (en écho aux travaux du thème 2). De tels dispositifs sont soumis, en particulier dans les pays du Sud à faible capacité institutionnelle, à l’influence de paradigmes et d’outils forgés au niveau international (comme la gestion intégrée des ressources en eau), dont la traduction pratique est difficile. Enfin, les processus de patrimonialisation de la nature (Cormier-Salem et al., 2005 [2] ) seront étudiés dans des contextes variés (projet Géodiversité, aléas et risques naturels dans le Géoparc Araripe au Brésil).

Nous nous intéressons en outre aux conséquences sur le développement de l’exploitation par de grandes entreprises privées des ressources de l’environnement. Dans la sylviculture et l’agro-industrie en Amérique latine ou dans le secteur extractif en Afrique de l’Ouest, nous nous focaliserons sur les dispositifs volontaires (chartes de bonne conduite, responsabilité sociale et environnementale des entreprises), la régulation par le consommateur ou par l’information des citoyens (politiques de transparence ou d’accès aux informations environnementales) et sur le rôle des agences d’aide et des banques de développement ainsi que celui des grandes ONG internationales. Nous mettrons en particulier l’accent sur les acteurs nationaux dans l’évolution des règles et des pratiques, en postulant que la compétition entre entreprises du monde entier pour l’accès aux ressources élargit leur pouvoir de négociation, tout en les exposant de façon croissante aux résistances et conflits locaux. Cela nous amène à nous positionner de manière nuancée dans le débat sur le rôle des entreprises des pays émergents dans les trajectoires de développement des PMA et à postuler que les phénomènes de convergence normative entre elles sont parfois plus marqués que leur mise en concurrence pour la recherche du moins-disant environnemental (Bros et Richard, 2011 [3]  ; van Vliet et Magrin, 2012 [4]]. ).


[1] REDON 2011, « Timor-Leste, entre développement durable et hydrocarbures : le faux dilemme ? », in TAGLIONI F. (dir.), Insularité et développement durable, Montpellier, IRD Édition [coll. Objectifs Suds].

[2] Cormier-Salem M.-C., Juhé-Beaulaton D., Boutrais J., Roussel B. (dir.), 2005, Patrimoines naturels au Sud : territoires, identités et stratégies locales, Paris, IRD, 552 p.

[3] Bros A., RICHARD Y., 2011, « La relation énergétique Russie – Union européenne. La libéralisation du marché de l’énergie en Europe : chance ou défi pour Gazprom ? », Revue d’Etudes Comparatives Est Ouest, 42 (1), p. 157-181.

[4] Van Vliet G., MAGRIN G. (dir.), 2012, Une compagnie pétrolière chinoise face à l’enjeu environnemental au Tchad, Paris, AFD/Quae, 251 p. [Focales n°9