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Thème 1.4 Gouvernances urbaines et structurations politiques des espaces locaux

Les mutations territoriales contemporaines intègrent, et résultent, des jeux de gouvernance formels et informels. Si les stratégies politiques sont définies et mises en œuvre à toutes les échelles, l’observation à l’échelle locale constitue un prisme privilégié pour appréhender l’articulation entre les pratiques formelles et informelles des acteurs et les normes définies par les pouvoirs publics. Les programmes développés dans ce sous-thème visent à mettre en évidence les différents modèles de structurations politiques des espaces locaux et la variété des jeux d’acteurs qui leur est associée.

En milieu urbain, les recherches se poursuivent dans la continuité du programme Inverses. Dans une perspective qui cherche à dépasser la dichotomie Nord-Sud, ce programme vise à comprendre comment se forme et se maintient une pluralité de pouvoirs urbains et leur rôle dans le gouvernement des territoires. Il met l’accent sur les logiques informelles de production, d’administration et de gestion de la ville. Par une approche comparée, il privilégie l’analyse de la ville dans ses aspects informels, ses modes implicites de gouvernance et les relations de pouvoirs. Il souhaite saisir dans un même temps l’endroit et l’envers des sociétés et territoires urbains pour montrer en quoi les processus informels, se combinant aux politiques officielles, participent à la production des territoires et à la constitution des dispositifs de pouvoirs urbains. Des phénomènes comme les relations de clientélisme, la corruption, le lobbying, l’illégalisme ou l’incertitude sont analysés au regard des réalités diverses de terrain. Cette approche des modes d’appropriation, de structuration de l’espace et des relations de pouvoirs induits permet de renouveler les entrées désormais classiques de l’aménagement et de la gouvernance urbaine. Elle peut porter sur une échelle d’observation plus fine encore, comme celle de l’espace carcéral (Terrferme).

Reconnaître le poids des jeux d’acteurs dans la structuration politique des espaces locaux conduit par ailleurs à élargir notre champ de recherche et à questionner les mécanismes de gouvernance des espaces non-urbains, qui se caractérisent par une autre proximité ou un réel éloignement des lieux de pouvoir. La réforme néolibérale des États, notamment les politiques de décentralisation, a produit des recompositions majeures dans les structurations spatiales du politique. L’analyse de ces changements ou, selon les contextes nationaux, des résistances qu’ils induisent doit être menée en prenant en compte de la diversité des contextes locaux : campagnes reculées ou périmètres de projets, tous témoignent d’un effort d’adaptation à la transformation des espaces politiques locaux. Tous s’intéressent au repositionnement de l’État dans ces transformations territoriales (MacLeavy et Harrisson, 2010) [1] Ces approches alimentent une réflexion sur l’usage politique qui peut être fait des structures spatiales, sur la mobilisation de l’espace par le politique. Elles participent d’une géographie du pouvoir en privilégiant un axe souvent considéré comme mineur de la relation espace/pouvoirs (programmes Jugurta puis Mitego).


[1] Macleavy J., Harrison J., 2010, « New State Spatialities : Perspectives on State, Space, and Scalar Geographies », Antipode, 42 (5), p. 1037-1046 .