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Thème 1.3 Métropolisation, périphéries et relais de la mondialisation

La mondialisation représente un élément de contexte fondamental pour décrypter les dynamiques sociales, économiques et politiques qui façonnent les territoires. Les grandes métropoles, à la fois actrices et réceptacles de ces dynamiques, constituent des objets d’étude incontournables pour comprendre les mutations du monde contemporain. Leur analyse ne doit toutefois pas être déconnectée de celle des autres niveaux de la hiérarchie urbaine, ni des autres formes d’occupation de l’espace (suburbain, rural) et des autres niveaux d’intégration territoriale (échelle nationale, aires régionales). Les recompositions à l’œuvre invitent ainsi à une relecture du couple conceptuel centre/périphérie à plusieurs échelles : dans les pays du Sud, des relais de la mondialisation émergent et agissent selon des portées variables – locales, métropolitaines, nationales ou régionales.

Toutefois, on ne saurait expliquer les dynamiques territoriales par la seule mondialisation. Pour appréhender la force de ce contexte, il est fondamental de faire la part entre les dynamiques globales d’intégration économique et politique – ou au contraire de résilience – et les processus qui relèvent de facteurs endogènes et locaux. Ces dynamiques produisent des types -ou des formes – spatiaux originaux que la recherche peut modéliser en ciblant leurs caractéristiques fondamentales. Les spécificités locales constituent un défi à la comparaison, tout en représentant un formidable moteur pour revisiter les catégories classiques à partir desquelles se lisent les stratifications sociales et territoriales ou encore les formes d’intégration des territoires.

Ces questionnements seront appliqués à des objets d’étude sur lesquels l’UMR possède une réelle expérience. Les dynamiques métropolitaines de recompositions territoriales modèlent l’ensemble de l’espace urbain. Nous poursuivrons les études relatives aux processus de sédimentation ou aux politiques de patrimonialisation des espaces centraux en particulier. Les approches comparatives de terrains relevant de la même aire, régionale ou non, permettront de questionner les marqueurs sociaux et spatiaux de la différenciation, voire de la fragmentation, de l’espace métropolitain.

Dans la poursuite du programme Périsud, les dynamiques propres aux espaces périphériques continueront de faire l’objet de notre attention. Nous interrogerons en particulier leur autonomie par rapport au(x) centre(s), en ce qui concerne les fonctions urbaines, les dynamiques migratoires ou encore les formes de la gouvernance. Nous nous interrogerons sur les ressources spécifiques de ces espaces, sur les usages de la ville qu’ils autorisent et qui sont effectivement pratiqués (projet Foruis-Mex).

Le concept de marge, travaillé lors du quadriennal actuel, permet de saisir des espaces à la fois considérés comme sous-développés et sous-intégrés en raison de la faiblesse des États, objets de convoitises dans le contexte d’un monde fini et porteurs de dynamiques endogènes, conjonction souvent propice au déclenchement de conflits. Ce concept peut s’appliquer au territoire national comme à des territoires locaux, urbains ou ruraux. Les processus productifs qui accélèrent ces évolutions relèvent tout autant de l’agriculture ou de l’exploitation minière, dans les périphéries des territoires nationaux, que de la production de logements, dans les périphéries des métropoles, et, partout, de la production d’infrastructures de transports. Cette approche développée en particulier dans le programme Périmarge est d’ores et déjà en cours de réalisation dans les Andes, grâce à des financements locaux et à des crédits incitatifs de l’IRD (PPR Rems).

Bien que périphériques, ces marges évoluent en interaction avec des lieux de commandement, têtes de ponts ou relais de la mondialisation. Le rôle de ces relais dans le développement est en particulier étudié à l’échelle régionale, via le suivi des Chinois hors de Chine par exemple. Observée depuis la Chine, la mondialisation prend alors un autre visage et invite à une approche théorique renouvelée. En s’ancrant depuis des pôles multiples, la mondialisation deviendrait alors plurielle et renverrait à une « une intégration à soi des autres territoires du monde par ses propres perceptions et logiques de pouvoir » (Sanjuan et Trolliet, 2010, p. 54-55) [1]


[1] SANJUAN T., Trolliet P., 2010, La Chine et le monde chinois. Une géopolitique des territoires, Paris, Armand Colin, 384 p .