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Thème 1.2 Circulations et mobilités

Ce sous-thème est fondamental dans l’analyse des processus territoriaux en raison de l’importance des circulations et des systèmes de transport dans les processus productifs et dans les constructions territoriales. L’accélération des circulations, la complexification et la densification des réseaux de transports à toutes les échelles, sont des traits classiques de la mondialisation, observables au Sud tout autant qu’au Nord (Lombard et Ninot, 2011) [1] . Les transports accompagnent l’évolution des systèmes de production et structurent les territoires ; ils sont considérés à ce titre comme des leviers du développement, l’intensité et l’ubiquité des circulations matérielles et immatérielles en étant des indicateurs à l’échelle d’une région, d’un État ou d’un sous-continent. Si la mobilité est associée à la modernité (Aubert, 2010) [2] , la lecture et l’interprétation des évolutions des systèmes de transport et des circulations ne sont jamais simples et univoques. Les recherches entreprises ici tenteront d’éclairer, par le prisme des transports et des circulations, l’évolution des différenciations spatiales à différentes échelles, l’émergence de figures spatiales originales construites par des acteurs du monde de l’industrie, du commerce ou de la logistique, dont les stratégies concurrencent parfois ceux des politiques publiques en matière d’aménagement du territoire, ou encore l’évolution des modes de consommation et de circulation des biens en lien avec les processus de développement. Il s’agira aussi de porter un regard critique sur le développement des transports et des circulations associé à ces processus, en tentant d’en apprécier les dimensions sociales et environnementales, et de cerner les pressions dont ils font l’objet dans le cadre de politiques de contrôles des flux de personnes (à commencer par les migrants internationaux, dans le PPR Polmaf).

Sur la problématique des relations villes – campagnes, plusieurs membres de l’unité participent au projet Rurbanafrica (PCRDT7) en essayant de renouveler l’approche par sa contextualisation dans le cadre de la mondialisation. Le projet ANR Chancira permet une autre application originale des problématiques en lien avec les circulations. En tentant de comprendre en quoi la diffusion d’un rongeur (le rat noir, porteur de maladies transmissibles à l’homme) est liée à l’intensification des circulations matérielles vers l’Est sénégalais, nous développons l’hypothèse que ces dernières sont au cœur des processus de transformation des économies, des sociétés et des territoires, processus dont les implications sanitaires et environnementales sont des enjeux majeurs.

Les corridors de transport ouest-africains constituent un autre objet d’étude privilégié. Reliant des aires métropolitaines et ignorant souvent les espaces traversés, ils posent la question des forces qui président à la transformation des territoires au nom de la fluidité, de la rapidité et de l’efficacité des transports. À l’échelle des métropoles émergentes, où les autorités ont engagé d’importantes réformes des systèmes de transport urbain, le questionnement est identique. Incontestablement, les mobilités urbaines du Sud et du Nord convergent (Dureau et Lévy, 2007) [3] , révélant toutefois une tension particulière au Sud entre des aspirations métropolitaines et les contraintes de grandes villes marquées par la pauvreté et l’informalité.

Au même titre que les systèmes de production et que les réseaux marchands, les systèmes de transport locaux et internationaux sont sous l’influence d’une mondialisation des modes de production, de distribution et de consommation. Ainsi, s’inventent à l’ombre des métropoles, dans les creux des territoires ou sur leurs marges, des « mondialisations discrètes » qui, hors des grands courants mondiaux, permettent la distribution de produits « made in China » et plus globalement « made in Sud » sur des marchés de consommation des Suds. Encore peu documentés, ces lieux et routes d’une mondialisation faussement homogénéisante (Christopherson et al., 2008) [4] font l’objet d’une attention particulière de la part des membres de ce sous-thème et a motivé en 2012 une réponse à un appel à projet ANR (programme Mondis), ainsi qu’une participation au programme Périmarge.


[1] LOMBARD J., NINOT O. (éd.), 2011, « Nouvelles mobilités dans les Suds ». Espaces populations sociétés, 2-3.

[2] Aubert N., 2010, « La société hypermoderne : ruptures et contradictions », Changement Social, 15.

[3] Dureau F., Lévy J.P., 2007, « Villes et mobilités : un éclatement des clivages Nord-Suds ? », Autrepart, 41, p. 135-148.

[4] Christopherson S., Garretsen H., Martin R., 2008, « The world is not flat : putting globalization in its place », Cambridge Journal of Regions, Economy and Society, 1(3), p. 343-349.